écomusée de l’Approuague-Kaw
Visiter la commune de Régina-Kaw, c’est découvrir les deux bourgs : Régina et Kaw. L’architecture des maisons était étudiée pour être en harmonie avec leur environnement et leurs occupants. Régina-Kaw, commune avec un long passé économique florissant, offre aujourd’hui les fresques de jolies maisons en bois pour beaucoup portant la marque de la mémoire de la commune. Dans la construction traditionnelle, le bois était le matériau le plus utilisé. Jusqu’à la fin du XVIIe siècle, les constructions restent simples, le milieu naturel fournit l’essentiel (branchage, tressage de palmes et bois ronds pour l’ossature). Aux XVIIIe et XIXe siècles, les techniques de constructions évoluent sous l’influence d’immigrants : charpentiers de marine ou militaires. Il reste dans l’habitat traditionnel guyanais, un mélange de toutes ces techniques caractérisé par la présence d’auvents et débords de toiture importants sur les façades par exemple. Le principe du carbet ouvert sur les côtés est abandonné au profit d’un remplissage en bois ou en brique. Le manque de ventilation est compensé par de vastes combles, des hauteurs sous plafond importantes et par des ouvertures de type persiennes. Au XXe siècle, la volonté d’améliorer l’habitat prime. On assiste à une différenciation de plus en plus marquée entre la maison urbaine et la maison rurale. Régina et Kaw n’échappent pas à ces évolutions. La trame urbaine est simple, schéma en damier importé par les colons. La maison créole traditionnelle est construite de façon à répondre aux exigences climatiques locales. Dans les constructions amérindiennes traditionnelles, les carbets, à vocation d’abri, sont représentatifs du mode de vie nomade originel et caractéristique du monde amazonien. Les habitations comportent deux ensembles aux fonctions distinctes : la chambre pour tous les membres de la famille et l’espace de vie réservé aux activités ménagères et culinaires. L’habitat amérindien, est un carbet ouvert construit sur le sol même ou sur pilotis. L’ossature est en bois. La sédentarisation a engendré une amélioration des constructions même si les matériaux sont restés identiques. Régina-Kaw est aussi une terre de développement durable avec ses trois réserves naturelles qui parcourent l’Approuague, le fleuve le plus sauvage de Guyane, par son saut le plus grand du monde « Le Grand Kanori », 19 mètres de dénivelé.. Sur le Haut-Approuague, les Nouragues, témoins de la présence des amérindiens Norak et berceau de la découverte de l’or, protègent aujourd’hui plus de 105.000 ha de forêt de terre ferme ! Sur le Bas-Approuague, la réserve naturelle de Kaw-Roura couvre une surface de 94.700 hectares de forêts, savanes inondables, marais, mangroves et criques riches en patrimoine naturel et culturel. Plus au large, c’est l’île du Grand Connétable, autrefois exploitée pour son phosphate.